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Maestral : Confluences

Maestral est un groupe de fusion composé de Anne Postic (harpe celtique), Pierre-Antoine Colas (trompette), Stéphane Goasguen (contrebasse) et Herri Loquet (batterie). Ancré dans la musique traditionnelle bretonne, ce quartet nous emporte vers le jazz, mais aussi vers des notes latinos, arabes, parfois classiques… Le 10 mars, Maestral sort son premier CD « Confluences » , douze titres aux confins des différents univers des quatre musiciens.

Maestral

Maestral

« Nous habitons tous en Bretagne maintenant, à Brest et Landerneau, mais nous avons tous des parcours différents et nous venons tous d’univers musicaux très divers », nous explique Anne. « Pierre-Antoine Colas (trompette) est originaire de Charente-Maritime et a une formation classique, a joué avec des groupes rock comme Merzhin, et s’intéresse plus particulièrement depuis de nombreuses années au jazz et aux musiques latines. Stéphane Goasguen (contrebasse) est originaire de Brest mais a longtemps vécu à Paris. Il a lui aussi une formation classique, il a joué au sein des plus célèbres orchestres (Orchestre de l’Opéra de Paris, Orchestre de Paris sous la direction de Wolfgang Sawallish, Orchestre de Lille sous la direction de Jean-Claude Casadesus, Orchestre National du Capitole de Toulouse, Orchestre de Bretagne…) et ensembles de musique de chambre (ensemble Matheus notamment). Herri Loquet (percussions, batterie), également originaire de Brest, a notamment étudié la caisse-claire en Écosse. Il joue et enseigne la musique traditionnelle, il encadre des pupitres caisse-claires en bagad. Cependant il joue également dans des groupes rock, des groupes de chanson française… Pour ma part, je suis aussi finistérienne et je suis depuis longtemps passionnée par les musiques traditionnelles (bretonne, irlandaise et écossaise en particulier). Cependant, je me suis toujours intéressée à d’autres styles musicaux : musique classique, musique contemporaine, jazz… Maestral est d’abord une rencontre humaine et de ce fait, notre musique est la rencontre de nos univers et de nos parcours. 

La musique traditionnelle n’est pas une musique figée. Elle évolue avec son temps, s’adapte à son époque, aux changements de la société. Les musiciens s’ancrent dans une culture à l’identité forte sans pour autant s’y enfermer et savoir où sont ses racines facilite l’ouverture sur d’autres univers. C’est ce que nous avons souhaité mettre en valeur avec Maestral. La musique traditionnelle offre ainsi un grand espace de liberté, car elle est en perpétuel mouvement. Quand on écoute plusieurs enregistrements de collectage d’une même chanson, on se rend compte combien les interprétations peuvent être différentes, que ce soit au niveau de la sensibilité de l’interprète, de ce qu’il a envie de transmettre dans cette chanson, comme au niveau mélodique ou rythmique. Il s’agit d’une musique de tradition orale, ce qui signifie qu’elle n’est pas « enfermée » sur une feuille de papier, qu’il y a une grande place pour l’interprétation personnelle, pour les variantes mélodiques, etc. C’est quelque chose que l’on retrouve également dans le jazz, avec cette importance de l’improvisation. Il est vrai que depuis quelques dizaines d’années, la musique bretonne évolue au gré des métissages. Il est vrai cependant qu’il est important d’avoir une bonne connaissance des structures, des rythmes, des formes, des temps forts, etc. des différents airs traditionnels avant de les emmener ailleurs. Pour notre part, nous faisons plutôt une musique qui s’inspire de la musique traditionnelle. Notre but n’est pas de jouer en fest-noz et donc de respecter des codes pour faire danser. Nous nous sentons assez libres pour y insérer des espaces d’improvisation, ou encore pour amener nos airs vers d’autres rythmiques. Nous nous inspirons de notre matière première et de nos diverses influences pour créer notre propre musique.

 

Maestral

 

Je baigne dans la musique et la culture bretonne depuis que je suis toute petite, j’en suis imprégnée. Je revendique cette identité musicale mais elle se nourrit aussi des rencontres, de ma propre évolution, cela ne m’intéresse pas de faire du folklore. Je me souviens d’une vraie révélation dans les années 1990 lorsque j’ai entendu pour la première fois Didier Squiban, son swing, ses arrangements qui étaient très novateurs, tout ça rien qu’au piano, ou encore les frères Guichen et le groupe Ar Re Yaouank par exemple, pour ne nommer qu’eux… Tous ces musiciens m’ont beaucoup influencée dans la recherche de mon style. Un autre moment clé dans ma vie de musicienne en herbe, a été lorsque je me suis rendue pour la première fois en Écosse, en 1998. J’ai découvert un pays où la musique traditionnelle appartient à tous, quel que soit son niveau instrumental, quel que soit son instrument, quel que soit son origine. J’ai été impressionnée par la simplicité avec laquelle on est accueilli, l’enthousiasme avec lequel chacun joue de son instrument. C’était bien loin des auditions organisées au conservatoire, auxquelles je participais avec grand plaisir, mais aussi beaucoup de trac ! Là, c’était la musique pour la musique, pour la joie de jouer ensemble, de partager un moment, de créer des liens. Ce séjour en Écosse a complètement changé mon approche de la musique, m’a en quelque sorte libérée de cette pression de jouer la bonne note le plus parfaitement possible, et j’ai également tissé des liens indéfectibles avec des personnes là-bas. C’est ce que je retrouve dans Maestral, ce partage, ce plaisir de jouer ensemble, et une dimension humaine si importante à mes yeux. »

Vous avez envie d’en entendre plus ? Procurez-vous « Confluences » sur le site de Maestral !

 

 

 

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