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Nos harpes llaneras : comment tout a débuté

La harpe llanera est originaire du nord de l’Amérique du Sud, c’est-à-dire du Vénézuela et de la Colombie. A la différence de la harpe paraguayenne dont les cordes sont fixées au centre de la console, les cordes de la llanera sont fixées sur le côté de la console et leur tension générale est moins importante. Nous avons associé la construction et la tension des cordes traditionnelles de la llanera avec des cordes filées pour les basses permettant un meilleur timbre et une meilleure résonance, un espacement de harpe classique pour plus d’aisance de jeu, une caisse de résonance améliorée et un son acoustique riche et équilibré. Nos harpes sont également les premières harpes llaneras à posséder des leviers, libérant ainsi tout le potentiel chromatique de l’instrument et lui permettant de poursuivre les directions contemporaines que prend la musique sud-américaine de nos jours.

Le développement de nos modèles de harpes llanera est un formidable voyage musical et technologique que nous n’aurions pu mener à bien sans l’aide d’artistes fantastiques. Ce voyage est loin d’être terminé, mais au moins nous avons quitté l’aéroport Charles de Gaulle.

Jakez nous raconte comment tout a débuté :

A South American harp in Jakez's private collection

Une harpe d’Amérique latine faisant partie de la collection privée de Jakez

« J’ai toujours été fasciné par les harpes d’Amérique latine. J’en ai quelques unes dans ma collection, et j’ai toujours espéré qu’un jour, peut-être, je serai amené à travailler sur ces instruments. L’idée que j’avais tout au fond de moi-même, c’était de créer une harpe ressemblant à une harpe sud-américaine tant d’un point de vue visuel que sonore, mais sur laquelle on pourrait jouer avec notre technique « classique ».

Cette idée est demeurée à l’état d’idée jusqu’à ce qu’un jour, une amie harpiste apporte une vidéo d’un jeune et formidable harpiste de New York et insiste pour que je la regarde.

Edmar Castaneda: Double Portion

Edmar Castañeda : Double Portion

C’est ainsi que j’ai entendu parler pour la première fois d’Edmar Castaneda. Je savais combien la musique jouée sur les harpes d’Amérique latine pouvait être virtuose et énergique, mais je n’avais jamais pris conscience qu’il était possible de parvenir à une telle alchimie entre l’énergie des rythmes traditionnels et la finesse du style du jazz moderne. C’est ce qui rend Edmar unique. Peu après, j’ai réussi à faire inviter Edmar à un festival en France, et nous nous sommes rencontrés alors pour la première fois. Je suis tout de suite tombé amoureux de sa musique et de son instrument. Je ne pouvais pas quitter la salle pendant ses balances et sa répétition (en partie parce que je faisais aussi office de traducteur pour lui) et après quelques temps, j’ai osé lui demander s’il me laisserait essayer sa harpe.

Plus tard, lorsque nous nous connaissions un peu mieux, il m’a dit qu’il avait apprécié mon intérêt pour son instrument, qui était à l’opposé d’une de ses précédentes expériences lors de laquelle un autre fabricant de harpes avait tenté de le faire jouer sur une « vraie harpe ».

Notre collaboration a débuté lorsque je lui ai fabriqué une harpe à pédales électrique sur laquelle il joue dans son dernier CD, Double Portion.

Llanera Edmar Castañeda

Llanera Edmar Castañeda

C’est lors du Congrès Mondial de la Harpe en 2008 à Amsterdam qu’Edmar et moi avons vraiment commencé à discuter de la possibilité de construire une harpe sud-américaine. Edmar voulait une harpe fiable avec des leviers (qu’il n’avait pas sur sa harpe llanera). Et il était très tenté par tous les défis qu’impliquent la conception et la production d’une harpe « traditionnelle moderne ». Tout est différent des harpes que nous avons l’habitude de construire. En fait, le seul point commun, c’est une forme triangulaire avec des cordes ! Les cordes, leurs longueurs, leurs espacements, leurs tensions sont différentes, la colonne est différente, la caisse de résonance et la table d’harmonie n’ont rien à voir avec les harpes modernes occidentales. C’était un gros projet, et cela nous a pris quelques années avant de parvenir à fabriquer une harpe qui satisfaisait Edmar.

C’est lors d’un voyage au Venezuela que j’ai rencontré Leonard Jacome, un jeune harpiste talentueux qui, comme Edmar Castaneda, travaille à développer le répertoire moderne pour harpe. Leonard m’a convaincu de concevoir une version électrique de la llanera. Il possède maintenant la première harpe de ce modèle, et actuellement nous en avons construit deux autres exemplaires, une pour Edmar et une pour Celso Duarte.

Lors du Congrès Mondial de la Harpe de Vancouver en 2011, j’ai rencontré de formidables harpistes venus du Venezuela et de Mexico. L’un d’entre eux est le célèbre harpiste vénézuélien Eduardo Betancourt, qui possède maintenant sa propre llanera Camac. Il partageait la scène avec Celso Duarte, père et fils. Ils m’ont tellement impressionnés par leur capacité à s’adapter à n’importe quel type de harpe, quels que soient leur espacement ou leur tension, et à jouer sur des harpes qu’ils ne connaissaient pas comme si cela faisait des années qu’ils les jouaient. Leur relation avec la harpe est extrêmement naturelle, quelque chose que la plupart des harpistes classiques ont perdu, probablement du fait de la complexité du répertoire et de la taille de l’instrument.

Joël Garnier, Camac’s late founder, was a great fan of the Latin American harp. Camac’s name even has Latin American roots, inspired by the Inca god Pachacamac, a creator god.

Joël Garnier, le fondateur de Camac, aimait particulièrement la harpe sud-américaine. « Camac » tire d’ailleurs son nom de celui de Pachacamac, dieu créateur inca.

J’ai rendu visite à Celso à Mexico, et alors que nous échangions sur nos centres d’intérêt, nos projets, nos rêves, j’ai parlé de la llanera électrique que je venais de concevoir. Celso a été tellement intéressé que quelques mois plus tard, il avait aussi sa propre llanera électrique !

L’histoire de la llanera Camac correspond à la découverte d’un nouveau monde pour Camac, et il me semble qu’il s’agit bien plus qu’une simple coïncidence si le nom « Camac » a ses racines en Amérique du sud… »

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