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L’histoire de la DHC Blue Light

DHC Blue Light 32, special red True Fire finish

DHC Blue Light 32, special red True Fire finish

La DHC Blue Light est le fruit de notre collaboration avec la légende de la harpe Deborah Henson-Conant. Fabriquée à base de fibre de carbone très légère et extrêmement résistante, elle ne pèse que 5,5kg et existe en deux modèles : à 32 et à 36 cordes. Et la liste d’attente pour obtenir cette harpe est très longue…

De façon ingénieuse, Camac a travaillé avec des fabricants de cycles pour la réaliser. Deborah avait commencé à réfléchir sur cette harpe avec Joël Garnier au début des années 1990, lorsqu’elle recherchait une harpe celtique avec un harnais pour pouvoir bouger sur scène avec son instrument.

« Je voulais une harpe avec un harnais depuis des années », nous explique Deborah. « Quelques luthiers ont rapidement réalisé des prototypes (comme John Hoare de Pilgrim), mais j’ai finalement opté pour une petite harpe Rubarth. Je l’ai recouverte de papier contact rouge et argent, j’ai mis un micro à l’intérieur et j’ai fabriqué un harnais rudimentaire. Je l’ai emportée en tournée et l’ai jouée pour Joël. Il m’a alors dit : « Ah, Deborah ! Je vois ce que tu veux dire maintenant ». Et lorsque nous nous sommes vus la fois suivante (il me semble que c’était 4-6 mois plus tard, mais peut-être était-ce un peu plus), il m’a mis le prototype de la Baby Blue entre les mains. Et j’ai toujours ce tout premier prototype !

J’ai construit un nouveau harnais (le prototype de celui que nous utilisons tous aujourd’hui), et un ami a modifié la harpe (qui était en bois, et donc assez facile à modifier) afin que je puisse l’attacher à un trépied d’appareil photo. J’ai commencé à partir en tournée avec cette harpe, j’ai écrit des pièces avec orchestre pour cet instrument et j’ai appris beaucoup sur l’amplification. Pendant quelques temps, je la transportais dans une caisse pour vélo, elle rentrait parfaitement dedans, et j’ai pu ainsi la transporter régulièrement en avion.

Le point culminant de mes projets avec la Baby Blue a été “Invention & Alchemy,” où j’ai pu réellement montrer ce que l’instrument pouvait faire à la fois en solo et avec orchestre. La fin de cette période est arrivée peu après lors du festival de harpe à Arles où je me suis rendue sans ma Baby Blue et où j’ai joué un modèle plus moderne.

Les améliorations techniques avaient rendu l’instrument si lourd qu’il devenait difficile à porter, même pour moi qui suis plutôt grande et habituée à le soulever.  Il était douloureusement (littéralement) clair que ce modèle n’avait pas de futur commercial en tant que harpe à harnais. Cela nous a poussés, Jakez et moi, à nous asseoir autour d’une table et à parler du futur de cet instrument. Selon toute vraisemblance, soit l’idée allait s’éteindre et je serais l’une des rares personnes au monde à jouer le modèle original, soit le modèle suivant se devait d’être révolutionnairement différent.

Jakez a décidé de poursuivre malgré l’investissement de temps et d’argent que nécessitait la conception d’un nouveau modèle et a sollicité ma contribution concernant les changements nécessaires. Cet investissement était très important à bien des niveaux. Il n’y avait aucun moyen de savoir si cela serait rentable financièrement. Je ne pense pas qu’il y avait un tel engouement pour les harpes à harnais à ce moment-là, même si c’est le cas aujourd’hui ! Avec le recul, je suis impressionnée par ce grand saut qu’il a fait, d’un point de vue à la fois financier et créatif.

Jakez m’a dit que je l’avais incité tellement souvent à travailler avec des fabricants de cycles (pour mettre au point une harpe réellement légère, avec une structure en fibre de carbone) qu’il a fini par le faire. Il ne suffisait cependant pas de copier des processus de fabrication. Le principal problème dans la conception d’une harpe à harnais plus légère a été le coût pour réaliser un moule pour le corps de la harpe. Ce coût était prohibitif, car la fabrication des moules est destinée soit à des entreprises pour qui le coût importe peu (vélos de course), soit à des entreprises qui comptent sur la quantité (production de masse). En tant que fabricant de harpe, Camac ne faisait partie d’aucune de ces deux catégories. Un autre problème technique que nous avons rencontré était que la harpe nécessitait des parties en bois (pour les chevilles et les leviers par exemple) insérées dans la fibre de carbone, ce que ne rencontrent pas les fabricants de cycles.

Finalement, l’idée du moule a été complètement abandonnée, et Camac a choisi de produire ces harpes de la même manière que les fabricants de cycles font leurs prototypes : à la main, une par une. Les parties internes sont fabriquées dans les ateliers de Camac, les éléments en mousse et les parties en bois sont découpées, le corps est assemblé et ensuite la harpe est recouverte d’une peau en fibre de carbone spéciale grâce à un système d’aspiration.

Cette nouvelle harpe en fibre de carbone a été un énorme succès pour moi dès la première seconde où je l’ai essayée. Je me souviens de ce moment ! Jakez et moi nous sommes dit que c’était comme si mon corps et mes mains attendaient cet instrument depuis toujours. La corde de Do grave (seulement 2 cordes de plus par-rapport à la harpe que j’avais avant) a été une révolution dans mon jeu : elle m’a tout d’un coup donné une tessiture et une envergure qui me manquaient jusqu’alors sans que je le sache, et elle est devenue tout d’un coup un instrument solo extrêmement viable.

Cela a été un moment magique. Non pas parce que quelque chose d' »inhabituel » était arrivé, mais parce qu’après des années de travail avec Joël et Jakez, tout s’est subitement imbriqué. Nous avions atteint la vraie naissance de cet instrument.

Deborah Henson-Conant / photo: Robert W. StegmaierLa DHC Blue Light surpassait la Baby Blue à bien des égards. Le son est plus homogène, elle pèse presque moitié moins, elle possède plus de cordes, et visuellement elle stimule vraiment l’imagination des spectateurs harpistes. Tout s’est soudain imbriqué dans ce modèle. C’est l’instrument dont j’avais rêvé, ce que je considère comme LA harpe polyvalente du 21e siècle. »

Jakez ajoute : “Je pense qu’il y a une autre raison pour laquelle il y a plus de harpistes à vouloir une DHC Blue Light. Depuis maintenant plus de dix ans, les harpistes ont vu ce que Deborah fait avec cette harpe. La plupart des harpistes de la jeune génération ne sait même pas qu’il y a eu une époque où les harpes portatives n’existaient pas, et pour eux, c’est une facette normale de l’instrument contemporain. Petit à petit, la harpe a fait un grand bond. »

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