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Le Festival Camac à Belfort approche… De Pékin à Belfort !

Guan Wang

Guan Wang



Quelle grande joie pour nous que le deuxième récital classique à Belfort soit donné par Guan Wang ! Guan Wang est professeure de harpe au China Central Conservatory of Music (CCOM) et Harpe Solo au China National Symphony Orchestra. Elle fait également partie du conseil d’administration du Congrès Mondial de la Harpe et est secrétaire générale de la Chinese Harp Society et de la Chinese Musicians Association. Elle a été nommée harpiste majeure par la China Central Television. Son album solo, paru en 2016, est le premier album de harpe classique à être sorti en Chine. 

A Belfort, Guan interprétera des œuvres de Haendel, Rossetti, Debussy, Parish-Alvars, Xie Zhe-Zhi et Tournier. Son récital aura lieu le samedi 20 octobre à 20h et les réservations sont ouvertes sur notre page agenda ! 

 
Vous avez suivi vos études en Chine ainsi qu’à Paris avec Isabelle Perrin. Avez-vous perçu des différences dans l’enseignement entre ces deux pays et si oui, comment ont-elles contribué à votre épanouissement musical ?

J’ai beaucoup de chance car j’ai eu deux professeures fantastiques. Ma première professeure, Zuo Yin, était une ancienne élève de Dulova. J’ai commencé à étudier avec elle lorsque j’avais dix ans. Avant cela, je faisais du piano et du zheng, un instrument traditionnel chinois. Zuo Yin m’a apporté une technique solide et le souci de la qualité du son. J’ai aussi appris avec elle une méthodologie de travail. J’ai rencontré Isabelle au Central Conservatory of Music. Elle venait à Pékin avec son orchestre et elle a donné une master-classe. A cette époque, peu de harpistes venaient en Chine et nous n’avions pas beaucoup d’échanges avec le monde de la harpe. L’année suivante, j’ai reçu une bourse de la part du gouvernement français pour venir étudier en France.

Isabelle Perrin est une personne merveilleuse, pleine de force et d’énergie. Elle me connaît bien et m’a toujours apporté le conseil dont j’ai besoin au moment où j’en ai besoin ! Avec elle, j’ai appris la musique française, c’était comme si elle me donnait la clé pour accéder à cette musique. Nous sommes toujours très proches. Lorsque j’ai besoin de conseils, que ce soit dans ma vie musicale ou ma vie personnelle, je me tourne vers elle. Pour moi, elle est comme une lumière, elle n’est pas toujours physiquement à mes côtés, mais elle m’éclaire en permanence.

La Chine compte environ 30 millions d’élèves pianistes et 10 millions d’élèves violonistes. Les tests d’entrée dans les grands conservatoires attirent près de 200 000 personnes chaque année. Pour certains d’entre nous, parfois inquiets de la baisse et du vieillissement du public de la musique classique, cela semble incroyable. La scène harpistique chinoise est-elle elle aussi en pleine expansion ?    

La harpe est arrivée tardivement en Chine. Après la création de la République de Chine, il y a eu une classe d’expatriés allemands à Shanghai, avec un professeur allemand. Le gouvernement a choisi 10 personnes pour aller étudier la harpe et à la suite de leurs études, ils étaient embauchés en tant que harpistes. Je me souviens que lorsque j’apprenais la harpe, presque tout le monde ignorait ce que c’était. Notre ensemble d’élèves harpistes jouaient dans des hôtels et les gens demandaient souvent de quel instrument il s’agissait.

Avec le développement de la Chine et l’amélioration du niveau de vie, les médias sur internet se sont beaucoup développés et la harpe a gagné en notoriété. Afin de promouvoir l’instrument, j’organise chaque année depuis sept ans un stage dans la salle de concert de la Cité Interdite. L’impact a été significatif : la première année, j’avais trente stagiaires et cette année, ils seront soixante-dix. Je donne également des récitals en solo et j’ai maintenant un public fidèle. Les concerts d’été peuvent atteindre les 1200 spectateurs. 

Il y a de plus en plus de personnes à apprendre la harpe, mais nous sommes encore bien loin du piano. La population chinoise est tellement importante que je pense que nous avons encore une grande marge de progression.

Au Congrès Mondial de la Harpe à Hong Kong, nous avons eu grand plaisir à découvrir des compositeurs asiatiques que nous n’avions pas eu la chance d’entendre auparavant. Pouvez-vous nous en dire plus sur la façon dont les compositeurs chinois contribuent au développement du répertoire pour harpe ?

C’était la première fois que le Congrès Mondial de la Harpe avait lieu en Asie et cela a été une magnifique opportunité pour les élèves chinois qui ont pu découvrir cet événement. Le comité organisateur comprenait des personnalités chinoises, dont deux jeunes compositeurs. Ce sont l’aîné et le benjamin de triplés, le cadet apprend actuellement la harpe. Ce sont des personnes très réfléchies. Ils ont créé la pièce « Jing- Ke » pour quatuor de harpes, d’après le célèbre événement de l’histoire chinois Jing-ke Ci Qin. Cette oeuvre a été très applaudie à Hong Kong et je la trouve très réussie. Il y a encore peu de compositeurs chinois qui écrivent pour la harpe, mais nous y travaillons : je suis actuellement en contact avec un autre compositeur au sujet de la composition d’une pièce pour ensemble de harpes.

Jakez plays the Konghou

Le Président des Harpes Camac, Jakez François, des étoiles plein les yeux, essaye un Konghou, l’une de ses harpes préférées.

Chez Camac, nous aimons aussi beaucoup le konghou. Nous n’en fabriquons pas, mais nous apprécions leurs basses expressives et la possibilité de portamento, qui permet de moduler la hauteur de note. Pouvez-vous nous en dire plus sur cet instrument ?

Le konghou moderne est apparu après la création de la République de Chine. Sur les conseils des leaders nationaux, plusieurs experts ont reproduit les instruments représentés sur d’anciennes peintures murales et le système de modulation/pédales a été inspiré par la harpe. Son timbre est entre celui de la harpe et celui du guzheng. La technique du konghou est très proche de celle de la harpe. Au début, certains professeurs de konghou utilisaient même les méthodes de harpe occidentales ! De nos jours, le konghou se développe pleinement en Chine et chaque joueur de konghou promeut vigoureusement cet instrument. 

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