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Envie de changer de la Fantaisie Op.124 de Saint-Säens ?

Aussi jolie soit la Fantaisie Op. 124 de Saint-Säens, vous l’avez peut-être tellement jouée, votre violoniste et vous, que vous commencez probablement à vous dire… il est temps de changer ? Et là, vous tombez sur n°194(a) de Harp Music Issue. Appendice I : le violon et la harpe forment une très belle association, mais il n’y a pas beaucoup de répertoire. On peut ajouter une Sonate de Spohr, Kikta, Damase… Mais il n’y a que peu d’œuvres originales sur lesquelles on peut vraiment s’amuser. Le duo flûte et harpe, même si les spectateurs et les programmateurs l’accueillent souvent avec moins d’enthousiasme qu’un duo violon et harpe, dispose de beaucoup de répertoire : Alwyn, Bax, Feld, Heath, Jongen, Liebermann, Rota, Takemitsu, plusieurs concertos, etc. 

Comme beaucoup de musiciens confrontés à ce problème, Katrina Szederkenyi et son père, le violoniste Nandor Szederkenyi ont réalisé des transcriptions pour pallier à ce manque. Ce qui est moins habituel, c’est qu’ils se sont lancés dans des transcriptions de grandes œuvres du répertoire d’orchestre. Ils viennent tout juste de sortir un album numérique, « Shall We Dance…? », reprenant une grande partie de leurs arrangements. Vous n’y trouverez ni la Fantaisie de Saint-Saëns ni aucune des transcriptions habituelles comme la Méditation de Massenet, mais plutôt : Aufforderung zum Tanz (Invitation à la Danse) de Weber, Un Bal de la Symphonie Fantastique, Mephisto Valse de Liszt, Moments Nostalgiques de Shostakovich issus des Jazz Suites 1 et 2, la Danse de Salomé et la Danse des Heures de La Giaconda. Vous pouvez le télécharger sur iTunes, ici

Nandor et Katrina créent leurs arrangements ensemble. « Nous sommes unis par notre goût du défi », raconte Nandor. Ils sont tous les deux des musiciens d’orchestre : Nandor a occupé des postes de premier violon dans le monde entier et Katrina joue dans des orchestres allemands. « En tant qu’harpiste d’orchestre, j’entends ce répertoire tout le temps, mais la harpe n’a pas toujours une grande place dans ces œuvres », explique Katrina. « Je voulais pouvoir partager cette musique plus intensément. Et lorsque vous avez joué une pièce en orchestre, vous respectez d’autant plus la partition lorsque vous la jouez en musique de chambre (ou en solo), vous connaissez toutes ses facettes, tous les autres instruments que vous auriez autour de vous. D’un point de vue musical, il peut être dangereux d’aborder la musique, quelle qu’elle soit, avec un œil purement harpistique. Nous n’avons bien souvent pas la même profondeur dans notre répertoire et on ne peut pas comprendre un aspect particulier de la musique si on ne l’a jamais rencontré auparavant dans notre propre répertoire. L’une des meilleures leçons de musique qui existe est de jouer en orchestre, ou à l’opéra, parce que, bien sûr, si vous jouez quelque chose qu’un chanteur ne pourrait jamais chanter, il y a des chances pour que ce que vous jouez ne soit pas musical. »

« Il n’y a pas que les harpistes qui se cantonnent souvent aux horizons musicaux de leur instrument », ajoute Nandor. « Même avec le large répertoire pour violon ou le encore plus large répertoire pour piano, les gens continuent à jouer les trois mêmes concertos, les mêmes pièces maîtresses… Mon père était violoniste et projetait une carrière de soliste pour moi. J’ai fait beaucoup de solo, mais je lui ai aussi dit que je souhaitais vraiment jouer en orchestre. Pour la musique. »

Rosenkavalier Waltz / Szederkenyi

Rosenkavalier Waltz (Valse du Chevalier à la Rose), transcrite et éditée par Nandor et Katrina Szederkenyi

« Je vois aussi tous nos arrangements comme de la musique de chambre », poursuit Katrina. « Une harpe va souvent se retrouver à accompagner un partenaire de duo plus soliste, parce que c’est un instrument polyphonique. C’est très bien, mais nous avons aussi besoin d’une musique de chambre plus complexe dans la tradition d’un trio avec piano ou d’un quatuor à cordes. J’ai aussi demandé à mon père d’arranger certaines de nos transcriptions pour harpe et quatuor à cordes, parce que nous avons besoin de plus de répertoire pour ce type d’ensemble également. »

Ces transcriptions passionnantes et virtuoses sont disponibles sur le site internet de Nandor. Les parties de violon et de harpe comportent les coups d’archet, les doigtés et les (bons !) changements de pédales. un autre point pratique : pour les pièces qui proposent de grandes parties de harpe en version orchestrale (Berlioz, Weber, Salomé…), la partie de harpe reste inchangée autant que possible. « Je sais combien il peut être frustrant de jouer une transcription de quelque chose que vous connaissez déjà bien mais qui est juste un peu différent… », remarque Katrina. 

Il s’agit, comme vous pourrez le constater dans les extraits de partitions présentés sur le site, d’arrangements pour professionnels, mais des arrangements plus faciles de Puccini vont bientôt paraître.

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